Sep 202012
 
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Le Premier ministre Jean-Marc Ayrault a confirmé ce jeudi que le mariage et l’adoption seraient ouverts aux couples du même sexe dès le premier trimestre 2013. Mais la question de l’homoparentalité continue de faire débat. Juliette Machet (nom d’emprunt), dont le père est gay, nous livre son expérience.

Mon père est homosexuel. Je l’ai appris assez jeune puisque mes parents se sont séparés une première fois quand j’avais trois ans. Après cette rupture, mon père a vécu une histoire d’amour avec un homme et ne me l’a pas cachée. Il m’a tout de suite fait comprendre qu’il n’y avait rien de mal et que cette personne aurait aussi son rôle éducatif à jouer auprès de moi.

Je ne me suis jamais sentie à la marge

Depuis mes 3 ans, j’ai gardé en tête que l’homosexualité était quelque chose de normal. Je l’ai intégré tellement tôt que je n’ai jamais eu de tabou sur la question. Aujourd’hui, j’ai 29 ans et dans ma vie, je n’ai eu à souffrir de l’homosexualité de mon père que lorsqu’il a été victime d’insultes homophobes. Je ne me suis jamais sentie à la marge, même si ma famille n’était pas tout à fait comme les autres.

Quand j’ai eu 8 ans, mon père a eu une grande relation avec un homme qui a eu un vrai rôle dans mon éducation. Il a été mon premier “vrai beau-père”. Dans ma vie d’adolescente, il m’a redonné confiance en moi, il a joué le rôle de confident. C’est le premier avec qui j’ai tissé des liens très forts. Il faut dire qu’il était styliste alors, quand il m’emmenait faire du shopping, mes copines trouvaient que c’était la classe d’avoir un papa gay.

Mes premiers petits copains de l’époque en revanche, ils disaient : “Je m’en fous qu’il soit homo, mais je ne veux pas qu’il me touche, ton père.” Ces clichés, je m’en suis toujours moquée. Je leur disais qu’ils étaient ridicules.

Être homosexuel n’empêche pas la fibre paternelle ou maternelle

Mon père a toujours été très militant dans la lutte pour l’intégration des homosexuels, pour faire comprendre aux autres que l’homosexualité était normale. J’ai donc naturellement été un peu militante vers l’âge de 16-17 ans, mais de loin. Évidemment si j’entends des propos homophobes, je ne peux pas m’empêcher de mettre mon grain de sel mais je suis moins à vif qu’avant.

En revanche, je suis pour la loi autorisant le mariage et l’adoption pour les homosexuels. Même si ce n’est pas une loi qui va régler le problème des violences homophobes, c’est déjà une avancée d’importance.

Être homo, ça ne change pas la fibre maternelle ou paternelle. Beaucoup de gens, homosexuels ou non, pensent à l’adoption. Leur point commun, c’est de ne pouvoir concevoir d’enfant de façon naturelle, pour des raisons diverses. Et ces gens ont souvent plus envie que les autres d’avoir un enfant. Pourquoi les priver de ce droit ? L’important, c’est d’en parler avec l’enfant, qu’il sache que c’est assumé et normal. Je trouve essentiel de donner l’occasion à un enfant d’avoir une famille qui l’aime.

Quant au mariage, je suis heureuse pour tous ces couples homosexuels qui vont finir par y accéder. Le mariage va apporter à tous ces êtres qui s’aiment les mêmes droits en ce qui concerne la succession, les accidents graves… Certains homos ressentent également le besoin de se marier pour favoriser leur intégration. Chacun a sa propre vision du mariage.

Juliette Machet
http://leplus.nouvelobs.com/contribution/629616-mariage-gay-mon-pere-est-homo-et-pour-moi-cela-a-toujours-ete-normal.html

 

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