Jan 072013
 
La présidente du FN Marine Le Pen

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Marine Le Pen a cédé. Lundi, la présidente du FN a finalement décidé d’appeler ses troupes à manifester contre le mariage et l’adoption pour les couples gay. Réunis en bureau politique dans la matinée, les dirigeants frontistes ont adopté une motion appelant élus, adhérents et sympathisants à rejoindre la délégation FN qui défilera avec “la manifestation pour tous” au départ de la porte Maillot, à Paris. Les deux députés Marion Maréchal-Le Pen et Gilbert Collard ainsi que Bruno Gollnisch représenteront le FN. À titre personnel, Marine Le Pen et Florian Philippot n’ont pas changé d’avis : ils ne battront pas le pavé dimanche.

La formulation de la motion est suffisamment ambiguë pour ménager toutes les sensibilités représentées au sein de la direction. Soucieuse de préserver la paix, Marine Le Pen joue avec les mots : elle a précisé à l’AFP que la motion ne constituait pas un appel à manifester de la part du FN. “Il s’agit juste d’une précision technique et d’un lieu de rendez-vous”, assure aussi au Point.fr Éric Domard, conseiller spécial de Marine Le Pen. En revanche, d’autres membres du bureau politique, tels que Fabien Engelmann ou Marie-Christine Arnautu, l’assurent : “Avec cette motion, le FN appelle à manifester dimanche.”

Pression de la base militante

C’est Marine Le Pen qui a proposé d’elle-même au début du bureau politique cette motion à laquelle personne ne s’est opposé. “Marine Le Pen a pris les devants. Elle a pris la mesure de ce que réclamaient les adhérents, c’est-à-dire un engagement clair contre le mariage homo et un appel à manifester”, explique un membre du bureau politique soucieux de garder l’anonymat. Vendredi, elle avait annoncé par communiqué qu’elle ne descendrait pas dans la rue contre le mariage gay, mais qu’elle soutiendrait les militants qui désiraient participer à la manifestation. Elle avait jugé, à l’instar de son vice-président Florian Philippot, que le FN n’avait pas intérêt à s’engager fortement contre le mariage homosexuel et à sembler à la remorque de l’UMP qui s’était déjà emparée de ce débat.

Autre argument avancé : ne pas se couper des électeurs issus de la gauche, alors que le parti a fait campagne sur “le ni droite ni gauche” lors de la présidentielle de 2012. Une prise de position “a minima” qui déplaisait à Jean-Marie Le Pen, président d’honneur du parti, Louis Aliot, Marion Maréchal-Le Pen, Marie-Christine Arnautu, Bruno Gollnisch et aussi à de nombreux secrétaires départementaux. Dimanche, lors d’une galette des rois dans le Nord, Jean-Marie Le Pen avait d’ailleurs critiqué la décision de sa fille : “Elle a donné une raison qui est valable, mais que je ne trouve pas péremptoire, qui est je ne veux pas apparaître à la remorque de M. Copé. Qui est encore à la remorque de M. Copé ? Il n’y a déjà presque plus d’UMP.” Et d’ajouter : “Si j’étais à Paris, je participerais à la manifestation. [...] Étant à Nantes ce jour-là, j’y participerai mentalement pour cette raison aussi que c’est une manifestation d’hostilité à la politique du gouvernement.”

“Un revers pour Philippot”

Force est de constater que Marine Le Pen a finalement entendu la position défendue par son père Jean-Marie Le Pen. “C’est un revers pour Florian Philippot. Lui qui veut mettre en place un FN ligth, il a perdu cette bataille”, interprète même un membre du bureau politique. Âgé de 31 ans, le jeune vice-président du parti chargé de la stratégie et de la communication est de plus en plus critiqué dans les rangs du parti. “Philippot est brillant, il est très exposé et c’est donc normal que certains soient jaloux”, défend l’un de ses soutiens. Lors du bureau politique de lundi matin, Marine Le Pen a d’ailleurs implicitement pris la défense du jeune énarque qui a été attaqué dans le dernier numéro de l’hebdomadaire d’extrême droite Minute. “Ce journal est un torchon. C’est inadmissible”, a-t-elle jugé. Et d’égratigner au passage certains journalistes parisiens “qui essaient de diviser entre eux les membres du bureau politique”.

SÉGOLÈNE DE LARQUIER

http://www.lepoint.fr/politique/mariage-gay-marine-le-pen-cede-a-la-pression-07-01-2013-1609369_20.php

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